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  • DescriptionAgame arlequin

L’Agame arlequin, ou Agame variable, est également appelé « Caméléon » à La Réunion.

 

C’est un lézard généralement brun gris. Toutefois la coloration est extrêmement variable (d’où son nom « versicolor » en latin signifiant « variable ») et des individus totalement noirs ont déjà été observés à La Réunion.

 

L’Agame variable est également reconnaissable à sa queue effilée plus longue que le corps et à sa crête dorsale. Les pattes sont munies de griffes.

 

Agame arlequinAgame arlequin patte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les adultes mesurent environ entre 20 et 40 cm (queue comprise).

 

Agame arlequin mâle

 

 

Le dimorphisme sexuel est perceptible uniquement lors la période nuptiale, le mâle arborant une coloration rouge au niveau de la tête.


 

 

 

 

  • Origine et répartition actuelle

 Le Genre Calotes comprend 21 espèces reconnues par la littérature scientifique distribuées essentiellement en Asie et dans la région Indochinoise au Sri Lanka et aux îles Andamans (sud est de l'Inde).

 

L’Agame arlequin est le Calotes dont la répartition est la plus importante : il est présent du sud de l’Iran et de l’Afghanistan à l’est, jusqu’en Chine à l’ouest. Il est également présent du Népal au nord jusqu’au Sri Lanka, à Sumatra et dans la péninsule Malaisienne au sud.

 

Agame arlequin au Maïdo (2000m)Il est a été introduit dans les Mascareignes (Réunion, Maurice et Rodrigues), aux Seychelles (îles de Mahé et Sainte Anne), à Singapour et en Floride. L’augmentation constante de la répartition de C. versicolor à travers le monde est due à une combinaison de transport et d’introduction intentionnels et non intentionnels par l’homme.

 

Il aurait été introduit pour la première fois à La Réunion en 1865 avec des boutures de canne à sucre en provenance de Java. Des individus réunionnais auraient ensuite été introduits sur l’île Maurice au début 20ème siècle. Vers 1990, des individus mauriciens ont été introduits à Rodrigues.

 

L’Agame arlequin s’est essentiellement propagé dans les zones anthropisées et ne semble pas pénétrer dans les milieux indigènes préservés. On le rencontre essentiellement dans des espaces ouverts en zone urbaine (parking, jardins, …) et suburbaine (cultures, espaces verts, zones buissonneuses, friches…). A La Réunion, il a essentiellement colonisé les basses altitudes de l’île ainsi que certains milieux de moyennes (800 mètres) et hautes altitudes (> à 2000 m).

 

  • Comportement et reproduction

L’Agame arlequin est une espèce semi-arboricole qui passe la plupart de son temps sur les troncs d’arbres ou sur les rochers. Il se rencontre généralement en petits groupes lâches.

 

Agame arlequin

 

Les mâles adultes sont territoriaux et passent une bonne partie de leur temps sur le tronc des arbres à s’observer. En revanche les femelles non reproductives et les juvéniles restent principalement au sol dans des zones herbeuses ou buissonnantes.

 

Agame arlequin au repos le soirIls utilisent les arbres et les rochers comme site de thermorégulation et regagnent les ombres et les herbes hautes lorsque la chaleur devient trop forte. Ils utilisent également les arbres comme refuge en cas de danger ou pour dormir la nuit. Les Agames arlequins semblent également capables de nager dans l’eau douce et salée.

 

En Asie la reproduction est saisonnière (saison humide) et les femelles effectuent plusieurs pontes par saison de reproduction. Les œufs sont déposés sous la surface d’un sol terreux ou sablonneux. Pour accéder aux femelles, des défis ont lieu entre les mâles rivaux qui exhibent alors une coloration rouge au niveau de la tête et bougent leur corps de haut en bas.

 

Les capacités d’adaptation de l’Agame arlequin et par conséquent sa grande répartition à travers le monde s’explique en partie par leur stratégie reproductive :

  • Les femelles sont capables de stocker du sperme viable pendant six mois, ce qui limite le besoin de répéter les accouplements.
  • Lorsque les conditions sont défavorables au développement des oeufs dans le milieu, elles peuvent conserver les œufs dans leur corps plus de 6 mois en baissant leur température corporelle de 3 à 5°C, ce qui arrête le développement des embryons.
  • Enfin la taille de la ponte et des œufs varient au cours de la saison de reproduction : en fin de saison, lorsque les conditions sont moins favorables aux jeunes (nombre de proies insuffisant, climat défavorable ...), la femelle produit moins d'oeufs mais de plus grosse taille (augmentation des réserves nutritives de l’œuf). Les juvéniles sont ainsi plus vigoureux, ce qui augmente leur chance de survie.

 

Les caractéristiques de reproduction sont extrêmement variables selon la localisation géographique des populations.

 

Tableau : caractéristiques de reproduction (Références *)

 

Caractéristiques de reproduction Données (localité)
Période de reproduction

mai - octobre (Inde) ; avril - juillet (Chine)

Nb ponte / saison reproduction plusieurs (nombre inconnu)
Taille de ponte (nb oeufs)

6 - 14 (Réunion) ; 7 - 33 (Inde) ; 3 - 14 (Chine)

Taille des oeufs (mm)

14 - 15 * 8 - 9 (Réunion)

11 - 16 * 6 - 9 (Inde)

13 - 16 * 7 - 8 (Chine)

Durée incubation (jours) 69 - 76 (Réunion) ; 40 - 70 (Inde)
Taille à la naissance (SVL : sans la queue) 26 - 27 (Inde); 24 - 25 (Chine)
Maturité sexuelle (mois) < 12 (Inde et Chine)

   

  • Régime alimentaire

L’Agame arlequin est un prédateur qui chasse à l’affût.

 

Il est principalement insectivore (fourmis, termites, larves et insectes adultes). Toutefois il s’agit d’un omnivore opportuniste qui peut aussi bien se nourrir de petits vertébrés que de plantes. Les adultes se nourrissent occasionnellement d'oiseaux (œufs, juvéniles et mêmes des adultes de passereaux), de grenouilles, de geckos (notamment le gecko gris des jardins, Hemidactylus brooki, introduit à La Réunion) et de petits serpents (telles que les jeunes Couleuvres loup Lycodon aulicus, également introduites à La Réunion). A l’occasion, des fleurs et des graines peuvent faire partie de leur régime alimentaire.

 

Ils sont également cannibales et les jeunes de leur propre espèce font parfois partie de leurs proies.

 

  • Taxinomie

Calotes versicolor a été décrit pour la première fois par Daudin en 1802 sous le nom de Agama versicolor, puis une demi-douzaine d’autres fois par d’autres biologistes.

Toutes ces descriptions se réfèrent à des spécimens indiens. Malgré la zone de répartition immense de ce reptile, aucune population du reste de l’Asie n’a été reconnue comme étant une espèce distincte. Cela pour deux raisons : l’apparence uniforme des populations et la facilité de les identifier sous le nom « versicolor » (=couleurs variables).

Toutefois depuis les années 90, de nombreuses variations morphologiques puis génétiques ont été observées à travers le continent asiatique.

En d’autres termes « Calotes versicolor » est en fait un complexe de différentes espèces regroupées sous le même nom.

 

  • Quelle menace pour les reptiles endémiques ?

Agame arlequin et Gecko vert de Manapany

 

Bien que l’espèce soit reconnue internationalement pour avoir un effet significatif sur la biodiversité des endroits où elle s’est établie, cet impact n’a jamais été réellement étudié ni quantifié. L’espèce est suspectée d’avoir conduit à la raréfaction de certains insectes (groupe des Phasmotodés) à La Réunion et à Maurice. Elle entre également en compétition avec les reptiles indigènes, et dans certains cas peut s'en nourrir (données existantes pour Maurice, Singapour et la Floride). Il est également possible que les Agames arlequins aient transmis certains de leurs parasites aux scinques et geckos indigènes.

 

A La Réunion C. versicolor aurait contribué à l’extinction des scinques indigènes que l'on rencontrait principalement à basse altitude (transmission de parasites reptiliens et/ou compétition alimentaire ou pour l'habitat). Son régime alimentaire omnivore opportuniste en fait une espèce potentiellement problématique pour les derniers reptiles indigènes de La Réunion. Son aire de répartition recouvre celle de ces trois espèces, le gecko vert de Manapany, le Gecko vert des Hauts et le Scinque de Bouton.

 

 

 

 

 

* Références des données de reproduction :

- pour l’Inde et la Chine : Radder R.S. 2006. An overview of geographic variation in the life history traits of the tropical agamid lizard, Calotes versicolor. Current Science, Vol. 91 n°10 : 1354-1363.

- Pour La Réunion : Turpin A. 1996. Description d’une espèce de reptile en progression constante dans les îles des Mascareignes : l’Agame arlequin Calotes versicolor. Bulletin Phaethon, 4 : 81-82.

 

 

 

 

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